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Samedi 3 décembre 2016
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Chronique Ridouane

Chronique Ridouane - La sixième constitution

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La sixième constitution

     La sixième constitution du Royaume du Maroc votée, le conseil constitutionnel devant valider son adoption dans les jours sinon les heures à venir, les choses sérieuses ne font que commencer.

Comment donner corps aux dispositions et grandes orientations de la loi suprême du pays ? Une question centrale aujourd’hui posée et qui interpelle  l’ensemble des Marocains. Ceux qui ont voté oui, ceux qui ont exprimé leur refu du texte ou ceux qui ont boycotté la consultation référendaire. Car seul compte au final, le choix de ceux qui ont investi les urnes pour exprimer leur opinion. Il n’y a pas à polémiquer là-dessus. Le recours légal est d’ailleurs permis pour tous ceux qui soutiennent l’irrégularité d’une consultation.

Par ce recours ils peuvent invalider un scrutin pour peu qu’ils apportent les preuves de cette irrégularité. Il est d’ailleurs incohérent et incompréhensible que des voix, appelant la veille au vote massif des Marocains pour soutenir une constitution qui aurait à leurs yeux tracé la voie démocratique, s’élèvent aujourd’hui pour semer le doute quant à la transparence de l’opération référendaire. Pour ce qui est des adeptes du boycott, ils auraient été mieux inspirés s’ils avaient exprimé leur refus par la voie des urnes. Les résultats annoncés ces deux derniers jours s’imposent désormais à tous les Marocains, qu’ils aient boycotté, dit oui ou rejeté le texte. Ceux qui ont dit leur acceptation à la constitution nouvelle, en particulier les instances politiques qui en ont fait la promotion se trouvent désormais devant des exigences concrètes et immédiates. La première de ces exigences est d’aller vers des élections anticipées. Les instances politiques actuelles ne cadrant plus avec l’esprit et le corps du texte adopté le 1er juillet. A nouvelle constitution, nouvelles instances politiques et électives et obligatoirement aujourd’hui nouvelles élites politiques. Une seule voie nous mène vers cet objectif salvateur : celle d’élections transparentes et libres, basées sur un mode de scrutin permettant la plus large représentativité. Un scrutin à la proportionnelle peut certes engendrer un gouvernement non stable, mais les alliances et autres coalitions sont autant de solutions possibles. Le ministre de l’Intérieur multiplie les rencontres, ces derniers jours avec les dirigeants des partis politiques à la recherche de compromis à ce sujet. S’il paraît acquis que les élections se tiendront début octobre, le consensus et loin d’être établis en ce qui concerne le mode et les procédures du scrutin attendu. Hier l’USFP, le PJD et dans une moindre mesure l’Istiqlal avaient fait front unis pour rejeter un seuil de représentativité permettant aux parties minoritaires d’avoir droit au chapitre. Aujourd’hui encore, les deux premiers s’unissent dans le camp des défenseurs d’un report de l’échéance électorale. Soutiendraient-ils dans ces conditions l’appel à un scrutin de liste incluant la notion de parité ? Une voie de salut en somme pour le Maroc aujourd’hui, mais à conditions que tous apprécient la chose et œuvrent pour sa concrétisation.  Une seconde alternative est possible pour ceux qui privilégient la stabilité des instances futures. Celle de faire un mix du scrutin majoritaire et celui des listes. Un 50 – 50 pouvant mobiliser les notables – dans le sens positif du terme – au profit des jeunes cadres compétents. Mais cela suppose beaucoup de maturité de la part des partis politiques. La balle est désormais dans leur camp.

Khadija Ridouane

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