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Dimanche 11 décembre 2016
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Chronique de Thami Ghorfi

Chronique de Thami Ghorfi - Le sens des rituels de communication.

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Le sens des rituels de communication.

Nous voilà à quelques jours du Ramadan, notre société va vivre à un rythme différent. Voyez-vous ce qui m’interpelle cette année, c’est le rituel des médias à faire des reportages et nous expliquer en image, en sons et en colonnes que les marchés sont bien achalandés, que les produits de première nécessité sont en quantités suffisantes, que les ingrédients les plus consommés pendant le mois sacré sont bien disponibles sur le marché national.


Alors ne vous en faites pas, il y aura du lait, de la farine, des dates et de la choubakia pour tout le monde. Ce rituel existe depuis ma plus tendre enfance ! Tous les ans c’est le même message : les produits sont disponibles et les intermédiaires véreux sont pistés. Les prix doivent aussi être maitrisés pour servir toutes les couches de la population.

C’est louable.

Mais ces rituels ont perdu tout leur sens. Près de 70 % des marocains ne se souviennent pas avoir vécu la pénurie du lait pendant le Ramadan… comme ils ne peuvent imaginer que la génération qui les a précédé faisait la queue dans l’épicerie du quartier pour passer un coup de fil… si l’épicier était de bonne humeur.

Le modèle de l’époque était celui d’une économie où l’Etat opérait dans de très nombreux secteurs. Depuis, la libéralisation est passée par là, tous les secteurs agroalimentaires on été ouverts à la concurrence. Les entreprises publiques et autres offices dont la mission était d’assurer la disponibilité des denrées et leur acheminement ont été privatisés et se sont adaptés aux nouvelles donnes des marchés.

Aujourd’hui le Maroc est moderne, les entrepôts existent dans toutes les régions du pays pour stocker, le véhicules de transport de marchandises se sont démocratisés, la distribution moderne enregistre des croissances à faire des jaloux… Même les marchés traditionnels et les souks se sont mieux organisés.

Voilà un exercice de communication que l’Etat doit revoir. A-t-on besoin de rassurer sur la disponibilité des denrées de base pour le Ramadan ? Quel est l’intérêt de ces messages dans le Maroc de 2011 ?

Le pire dans cette affaire, c’est que les marocains ne se posent même pas la question de disponibilité de ces produits ou de leur pénurie. Nous savons tous que nous sommes au Maroc, que nous n’avons pas de pénurie. Les marocains sont plus préoccupés par le prix des denrées par rapport à leur pouvoir d’achat.

Tenez, parler de pénurie alors que la question ne se pose pas, c’est comme si pour promouvoir le tourisme au Maroc, nous mettions en valeur l’avantage « sécurité ». Les touristes ne se posent pas la question au moment où ils décident d’aller dans un pays. Le fait de leur dire que la sécurité est assurée… suscitera toutes les formes d’inquiétude.

Il est temps de remettre en question ces rituels. L’environnement ne cesse de changer, les règles de « marchés » mutent, les attentes des populations et des consommateurs sont en même temps beaucoup plus précises et tout aussi complexes.  Nous devrions repenser, reconsidérer certaines méthodes pour plus d’efficacité et plus de performance. Il faut dorénavant refuser de mener des actions pour la simple raison que « nous avons toujours fait ainsi ». Cela n’a plus aucun sens !

Je vous souhaite ramadan moubarak karim.

Et c’est avec un immense plaisir que je vous retrouverai dès la première semaine de septembre sur aswat et nulle part ailleurs.

Thami Ghorfi

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