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Samedi 3 décembre 2016
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Grande-Bretagne - Le tourbillon du scandale des écoutes en passe de changer les règles de travail des médias

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Le tourbillon du scandale des écoutes en passe de changer les règles de travail des médias

Le scandale des écoutes téléphoniques aux ramifications multiples qui secoue depuis quelque temps la scène médiatique en Grande-Bretagne, semble en passe de changer les règles du jeu qui gouvernent ce secteur, et de causer des ennuis au Premier ministre, David Cameron.

Le scandale, éclaté il y a quelques mois, mais qui a pris des tournures aussi stupéfiantes qu'inattendues, a entraîné la disparition du tabloïd britannique News of the World, dont certains responsables et journalistes sont accusés d'avoir piraté les appels et messageries téléphoniques d'environ 4.000 personnes, y compris des grosses pointures politiques et sécuritaires.

Si le tourbillon a fait comme première victime le NotW, l'un des petits tirages de l'empire médiatique News Corporation, c'est l'ensemble de cet édifice à plusieurs milliards de dollars, érigé des décennies durant par l'octogénaire australo-américain, Rupert Murdoch, qui risque de s'écrouler sous le poids des accusations.

NotW, tabloïd dominical le plus lu en Grande-Bretagne, créé en 1843, a dû mettre la clef sous le paillasson il y a deux semaines emportant au passage sa rédactrice-en-chef, Rebekah Brooks, qui a d'abord démissionné de son poste avant d'être arrêtée quelques jours plus tard pour répondre aux accusations.

Aux Etats-Unis, où Murdoch détient, entre autres, la chaine Fox News, M. Les Hinton, PDG du Dow Jones & Company, société éditrice du Wall Street Journal, l'un des jalons de l'empire du magnat australo-américain, a également été contraint de quitter son poste.

Des dizaines de personnes dans les deux rives de l'Atlantique ont fait face au même sort. Les derniers en date ne sont autres que le chef de la Scotland Yard, Paul Stephenson et le patron de l'antiterrorisme britannique, John Yates, qui ont démissionné pour leurs relations présumés avec News Corporation, et leur rôles dans l'enquête sur les écoutes NotW.

Mardi, c'est le grand patron de la News Corp. Rupert Murdoch, et son fils James, qui ont dû répondre à des centaines de questions embarrassantes, détaillées et indiscrètes des membres d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur le scandale.

Lors de cette audition-fleuve, retransmise en direct à la télévision, les Murdoch ont plaidé non-coupables aux allégations selon lesquelles ils auraient été au courant des pratiques d'écoutes téléphoniques auxquelles NotW se livrait depuis dix ans.

Au bout d'un interrogatoire de trois heures, le patriarche a regretté la violation de l'intimité des gens en piratant leur messagerie aussi bien que le payement des policiers pour obtenir des informations. "Soyons clairs, violer l'intimité de personnes en piratant leur messagerie, c'est mal", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, les ramifications du scandale, qui prennent chaque jour de l'ampleur, ont contraint le Premier ministre, David Cameron, d'écourter son déplacement en Afrique.

M. Cameron a dû s'expliquer mercredi devant la Chambre basse du parlement de sa relation avec Andy Coulson, son ancien directeur de communication, qui se trouve aujourd'hui au centre du tourbillon pour son implication dans le scandale du piratage alors qu'il était rédacteur-en-chef du NotW jusqu'en 2007.

Le Premier ministre s'est dit "extrêmement désolé" de l'ire que la nomination de M. Coulson en tant que directeur de communication a provoquée, assurant qu'il présentera de "plates excuses" si les assurances que Coulson lui avait exprimées qu'il n'était pas impliqué dans cette affaire s'avèrent fausses.

Anticipant une forte réaction de la part des parlementaires, M. Cameron avait mis en place, début juillet, une commission d'enquête indépendante présidée par un juge, chargée de faire la lumière sur le scandale et de redéfinir éventuellement les règles du jeu de la presse. Elle devrait rendre ses conclusions dans douze mois.

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