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Jeudi 8 décembre 2016
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Chronique de Khadija Ridouane

Chronique de Khadija Ridouane - L’opportunisme politique, ennemi de la bonne gouvernance

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L’opportunisme politique, ennemi de la bonne gouvernance

« La nouvelle constitution nous met devant de nouvelles responsabilités », la phrase est dans la bouche de tous nos politiques. Ils ne croient pas si bien dire. La constitution votée par les citoyens Marocains le 1er juillet et aujourd’hui validée par le Conseil constitutionnel lève la barre de l’exigence démocratique et de la bonne gouvernance. Ses grands titres sont l’élargissement des libertés, le renforcement des droits humains, la moralisation de la vie publique et politique et au final la bonne gestion des affaires du pays. En clair elle apporte les fondements d’un état démocratique et moderne. Et c’’est à tout cela que nos politiques doivent donner du sens. Tout d’abord en votant les lois organiques qui mettent en application les orientations de la loi suprême. Ensuite, en donnant vie à ces orientations par une gestion efficiente des affaires publiques. Nos politiques sont-ils à la hauteur de ces exigences nouvelles ? La question est aujourd’hui clairement posée. La réponse viendra de la manière dont-ils gèrent la transition. Premier constat : les politiques semblent s’attarder sur les détails des lois organiques – notamment celles relative au Parlement – au lieu de favoriser des alliances pouvant assurer le vainqueur des prochaines élections d’une vraie majorité, aidant à une cohésion et une force de gestion gouvernementale. Le deuxième constat, concerne cette même gestion gouvernementale dans un contexte aujourd’hui de transition et demain d’installation d’un cadre institutionnel nouveau. Quel actif l’actuel gouvernement s’exerce-t-il à laisser à celui qui sera installé à l’issue des prochaines législatives ? Quelle vision ? Quelle stratégie pour le futur ? Et en définitive quel bilan le gouvernement en place peut-il défendre devant les électeurs ? Face à la pression de la rue et aux premiers signaux d’une contestation publique, le gouvernement cède et décrète l’injection de 15 milliards de dirhams dans la Caisse de Compensation. Raison invoquée : le maintient des prix des produits de première nécessité et des hydrocarbures à des niveaux économiquement et socialement acceptables. Dans la foulée, le même gouvernement promet la création de 4.300 postes budgétaires pour l’intégration des diplômés chômeurs, de niveau doctoral, dans la fonction publique. Deux mesures qui laissent pantois. Comment se permettre ce type de largesses, lorsqu’on a annoncé un budget de « rigueur » ? Comment financer tout cela sans laisser un trou dans les caisses de l’Etat, autrement dit creuser le déficit budgétaire. Est-ce du bon sens de promettre tout de go des emplois – qui multiplient de trois fois au moins – celles inscrites aux prévisions de l’année budgétaire ? Le parti de l’Istiqlal, qui mène le gouvernement a plié, encore une fois sous le poids des protestations, lorsque des diplômés chômeurs ont investi ses locaux à Rabat. Il a encore fait des promesses. Encore une fois, on ne peut que se poser la question de savoir s’il s’agit du bon sens politique ? Ou est-ce du zèle ou encore de l’opportunisme tout court. Abbas El Fassi traîne encore les casseroles de l’affaire annajat. Une affaire où les plaignants l’accusent directement et de façon unanime, d’avoir voulu utilisé –ce qu’il croyait une aubaine et qui s’est révélée être une grande supercherie - à des fin électoralistes.
Jusqu’où ira le gouvernement ? Devra-t-il encore ployer sous le poids de la contestation des rues ? Le gouvernement semble être entré dans une phase de léthargie. Il donne l’impression d’être tétanisée laissant la voie à une sorte d’anarchie : l’explosion des activités informelles qui vient donner un coup de boutoir à un long processus de structuration et de mise à niveau du secteur informel, prolifération d’actes de violence, de dégradation des biens publiques et de phénomène marginaux. Des phénomènes qui ont tous un coût pour l’Etat. Tout cela va constituer un lourd héritage pour le gouvernement qui sortira des urnes à l’occasion des prochaines législatives. A supposer que ce gouvernement puisse combler ces déficit, saura-t-il rompre définitivement avec cette politique qui consiste à dire : après-moi le déluge ?!

Khadija Ridouane

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